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CHAQUE JOUR…

Depuis belle lurette, les traditions avaient changé. Les structures familiales éclatées et la facilité des longs voyages avaient engendré des passions qui détruisaient tout sur leur passage! Ce que les générations précédentes avaient élaboré depuis la nuit des temps était désormais balayé et la soumission à l’argent avait envahi le monde. Cette dernière était telle qu’elle faisait déserter la vocation agraire de la vie sur Terre au profit de toutes sortes de papiers. Il y avait les papiers pour imprimer l’argent, des papiers pour vendre plus, des papiers pour signer des ententes, des papiers pour obtenir des privilèges.
On déboisait sans scrupules les poumons de la planète, et des cités de plus en plus monstrueuses s’élevaient sur les cinq continents. Personne ne s’y opposait. Les cités où l’humain n’avait aucune façon de se sentir relié à la Terre et à ses énergies impressionnaient et faisaient rêver. On s’y entassait. Les arbres et les champs cultivés perdaient leur place. Les détritus s’amoncelaient. Des millions de personnes se demandaient quelle était la logique de ce nouveau monde qui dévorait tout, mais ce nouveau monde continuait son avancée et engouffrait, dévorait!
Pour avoir le sentiment d’exister, il fallait être muni de billets de banque, de diplômes d’études qui n’en finissaient plus et d’objets qu’on achète à crédit avec des billets de banque. Tout le monde était occupé à acheter, acheter sans cesse et trouver un nouveau sujet de convoitise, sauf ceux qui n’avaient jamais eu de billets de banque! Les pauvres de la planète et les oubliés…
Mais personne n’achetait l’amour parce que l’amour ne s’achète pas. Alors, l’amour gémissait, il étouffait et mourait à petit feu, ce qui était grave Tout ce système fonctionnait tant et si bien que les humains n’avaient plus le temps de s’aimer et ceux à qui il restait du temps, ceux-là mouraient de faim, privés d’amour sous les regards avides.
Alors, les Hommes recherchaient l’amour par toutes sortes de subterfuges tous plus artificiels les uns que les autres, ignorant que leur corps qu’ils maltraitaient chaque jour, en contenait la substance. Désespérés, ils le cherchaient partout sauf au centre d’eux-mêmes, se contentaient de vivre comme des machines et s’éloignaient de leur âme, paniqués, déprimés, agressés par leur mode de vie, ignorant sciemment les trésors que la nature avait déposé en eux depuis l’origine.

Nadine Grelet, 5/01/2013 Copyright.

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