VOYANCE UN DON DE SOI

Il est un fait objectif : tout le monde ne peut s’improviser voyant ! Le fameux sixième sens dont il est question, même s’il est une potentialité que chacun peut développer pour son propre compte, semble mystérieusement plus tangible chez les humains qui se sentent irrémédiablement appelés à en faire profiter le plus grand nombre.
Comment expliquer une vocation et les compétences innées qui l’accompagnent ? Comment expliquer que certains aient accès à des informations autrement que par les moyens de communication rationnels ? Autrefois – et encore aujourd’hui dans des communautés traditionnelles amérindiennes –, on considérait que ces pouvoirs n’étaient pas attribués au commun des mortels. Ces élus devaient avoir la sagesse de les utiliser, non pour leur seul profit, mais pour le bien de tous. En lien avec les enseignements initiatiques de toutes les cultures, le don de voyance ne prend son véritable sens que lorsqu’il s’harmonise à cette dynamique d’altérité.
Un don de soi
Un voyant très connu et régulièrement invité par les médias rêvait d’une grande carrière dans la coiffure. Ayant passé tous ses diplômes pour atteindre son objectif, son don l’a rattrapé malgré lui. Un jour, dit-il, j’ai décidé d’arrêter la coiffure et de choisir la voyance. Il était inutile de lutter…

Paradoxalement, les voyants tirent rarement bénéfice pour eux-mêmes de leur don. Nombreux sont ceux qui témoignent, comme le proverbe, que c’est le cordonnier qui est le plus mal chaussé.

Ils éprouvent en effet plus de difficultés à maîtriser leur propre destin qu’à aider à baliser celui de leurs consultants. Preuve qu’il est question de don de soi, la générosité et l’humilité restant les qualités essentielles du voyant.

Aucun ne se dit infaillible et tous ces professionnels authentiques donnent le meilleur, leur objectif étant de pouvoir participer à donner une direction à l’existence de ceux qui les consultent. Le don de voyance est vécu alors comme un cadeau qui ne peut s’exercer qu’avec passion.

Le docteur Singh, biologiste et spiritualiste indien, affirme : Le Seigneur a donné à chacun, à chaque être vivant, selon le « guna » (trait de caractère inné) et le « karma » (résultats de ses actions passées), un talent spécial, une compétence. Ainsi, l’utilisation réelle de ce talent, ou le vrai « seva » (service), sera de l’engager dans une offrande… Quant à la tradition chrétienne, elle véhicule la même idée, au travers de « La parabole des talents » relatée dans l’Évangile de Matthieu au chapitre 25, versets de 14 à 30. La voyance relève du véritable don dans la mesure où celui qui en bénéficie a conscience qu’il n’en est pas le propriétaire absolu mais qu’il lui est confié pour qu’il donne des fruits.

Il n’est d’ailleurs pas anodin que le texte biblique insiste aussi sur la formule : À qui on aura beaucoup donné, il sera beaucoup demandé… On reconnaît ainsi un don authentique à la rigueur de l’éthique auquel il participe, à l’humilité qu’il génère, et au désir d’aider autrui qui en découle.
Une réceptivité à l’amour
Les professionnels de la divination sont unanimes pour affirmer que les capacités intuitives propres à la voyance sont accessibles à quiconque sent en lui une attirance pour les cartes, l’astrologie ou tout autre support divinatoire. Ce don peut se révéler à n’importe quelle période de la vie, à la suite d’une rencontre, d’une consultation, d’un événement. Mais il doit également, tel un talent, se travailler, s’affiner. Certains pensent que les signes astrologiques dont les éléments prépondérants sont l’eau et l’air seraient les plus à même d’être réceptifs aux phénomènes paranormaux.

Ce n’est pas une vérité absolue. Pour exemple, un signe de terre comme le Capricorne possède la retenue nécessaire pour ne pas interpréter à tort et à travers un flash ou un tirage de cartes. La voyance renvoie, in fine, à un rapport intime à soi et à une dimension qui ne peut absolument pas se rationaliser ni s’intellectualiser : l’amour du prochain…

Jonathan Ginoux

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