Semences anciennes : Kokopelli continuera à œuvrer dans l’illégalité

Reproductibles et libres de droit, ces semences restent finalement interdites. Heureusement, ces hors-la-loi poursuivront leur combat.Par Axel Leclercq -Publié le 4 janvier 2019 à 15:03 – Mis à jour le 28 janvier 2019

Kokopelli agissait en toute illégalité… et elle va devoir continuer ! Malgré la décision du Conseil constitutionnel, cette association qui distribue des semences anciennes a en effet décidé de poursuivre son action. Pourquoi ? Parce qu’elle la juge légitime et nécessaire. Explications.

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Le 2 octobre dernier, l’Assemblée nationale légalisait enfin la vente de semences anciennes. Seulement voilà, quelques jours plus tard, le Conseil constitutionnel censurait l’essentiel de cette loi. Résultat : la vente de ces semences libres de droits et reproductibles (qui échappent donc au contrôle des industriels) reste parfaitement illégale. Une décision regrettable et difficilement compréhensible qui n’a cependant pas refroidi les militants de Kokopelli. Être hors la loi, ils y étaient déjà habitués…

« Pourquoi cet article de loi a-t-il été censuré ? Bah la réponse est assez simple : il y a la pression des lobbies, comme d’habitude, il y a les agro-industriels derrière, comme d’habitude, et on est sans cesse dans le même schéma de la mainmise de l’agro-industrie sur la politique. »

Dans les colonnes de La Dépêche, Ananda Guillet, réaffirme la raison d’être et la légitimité de son association :

« L’agriculture est née il y a 45 000 ans alors que l’agro-industrie, telle que nous la connaissons, date de la Seconde Guerre Mondiale. Ce qui est illégal aujourd’hui existe en fait depuis des dizaines de milliers d’années. Les agriculteurs ont toujours échangé et reproduit leurs semences. C’est une industrie récente qui a décidé de changer ces règles fondées sur la gratuité et la libre distribution (…) « Cela fait vingt ans que nous faisons notre travail dans l’illégalité et nous allons continuer. Pour nous, cela ne change rien »

En 2017, Kokopelli a distribué (illégalement, donc) 700 000 sachets de semences anciennes à ses 130 000 clients français et étrangers. Grâce à elle, c’est un peu de la biodiversité qui est ainsi préservée. Et tant pis si cela doit être fait en dehors de la loi. Il existe des intérêts plus essentiels que ceux de l’agro-industrie.

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