Amma : soulager la souffrance du monde.

C’est en 1975 qu’Amma commença à révéler sa véritable mission : soulager la souffrance du monde et guider les pas des chercheurs spirituels. Bien avant cela, Sudhamani se partageait entre une discipline spirituelle rigoureuse et d’innombrables travaux ménagers. La vie de Sudhamani, méprisée et considérée comme une domestique par sa propre famille, fut le parfait exemple de celle d’une «sainte» incomprise et méconnue.

Un évènement significatif se produisit en septembre 1975, qui révéla au grand jour un aspect de sa nature divine. Un jour, alors que Sudhamani rentrait à la maison, portant sur sa tête un ballot d’herbe, elle entendit par hasard les derniers versets du Srimad Bhagavatam (le récit de la vie de Krishna) lus dans une maison voisine. La lecture venait de prendre fin et les chants dévotionnels commençaient à peine. Sudhamani s’arrêta brusquement, semblant écouter attentivement les litanies. Soudain, elle se précipita vers la maison où étaient rassemblés les dévots. Elle était submergée de béatitude divine, et son identification avec Krishna métamorphosait ses traits et ses gestes en ceux de Krishna lui-même.

Une partie des villageois fut alors convaincue que la petite Sudhamani était régulièrement “habitée” par Krishna et dans ces moments-là, ils venaient se confier à “elle”. Ils constatèrent que les problèmes qu’ils lui avaient exposés trouvaient rapidement une solution et la réputation de Sudhamani commença à grandir.

Aussi extraordinaire que fut cette identification à Krishna, ce ne fut pas le point culminant de la vie spirituelle de Sudhamani. Un jour, peu de temps après cet évènement, elle eut une vision inoubliable d’Adi Parashakti (l’énergie suprême primordiale, la “mère divine”). Cette vision subjugua tant Sudhamani qu’elle ressentit, de tout son être, le désir intense de se fondre dans la Mère Divine. Elle se jeta à corps perdu dans une discipline spirituelle austère et intense. Si l’ardeur des pratiques qu’elle consacra à Krishna fut empreinte d’une profonde dévotion, la discipline spirituelle de Sudhamani pour la Mère Divine, dépassa les limites de la compréhension humaine. Son union transcendantale avec la Mère de l’univers est décrite d’une façon poignante dans le chant “Ananda Veethi” (le chemin de la béatitude).

«… La Mère divine, avec des mains douces et lumineuses, caressa mes cheveux. La tête inclinée, je lui dis que ma vie lui était dédiée. Souriante, Elle devint lumière divine et se fondit en moi. Mon esprit s’épanouit, baigné dans la splendeur multicolore de la Divinité, et les événements d’il y a des millions d’années m’apparurent. Dès lors, ne voyant rien séparé de mon propre Soi, un tout unique, et me fondant dans la Mère Divine, je renonçai à tout désir. Mère me dit de demander aux gens d’accomplir leur destinée humaine. Aussi je proclame au monde entier la vérité sublime révélée par Dévi : Ô homme, réalise le Soi !»

Sudhamani devint alors, Mata Amritanandamayi, la Mère de béatitude immortelle.

Elle s’engagea dans sa nouvelle mission et commença à donner des conseils spirituels. Ses qualités de patience, compassion, service, inséparables de sa nature même depuis sa petite enfance, purent se développer pleinement. Sudhamani-Amma manifesta l’amour inconditionnel d’une mère envers tous les fidèles, sans distinction de castes ni de croyances.

Parmi ceux qui, il y a vingt cinq ans, vinrent dans le village de pêcheurs recevoir le darshan d’Amma, se trouvaient ceux qui allaient devenir ses premiers disciples. Ils ressentirent une attirance forte et inhabituelle pour cette femme extrêmement simple et modeste de laquelle émanait un authentique rayonnement spirituel. Ces jeunes hommes et femmes devinrent les premiers résidents du futur ashram, le «Mata Amritanandamayi Math».

Bientôt, à la demande de ses fidèles hors du Kerala et par la suite hors de l’Inde, Amma commença à voyager afin d’aller vers tous ceux qui la réclamaient.

Aujourd’hui, par la force de son amour, Amma est à la tête d’une organisation spirituelle importante et grandissante, constituée d’une vingtaine d’ashrams en Inde et dans d’autres pays. Bien qu’elle ne parle que le malayalam, sa langue natale, Amma montre bien que l’amour ne connaît pas de barrière de langage, la grande diversité raciale et religieuse de ses fidèles en est la preuve irréfutable.

Beaucoup comparent le flot torrentiel de son amour aux eaux du Gange, qui descendent en une multitude de rivières, des hauteurs de l’Himalaya vers les vallées ; certaines désaltèrent les âmes assoiffées, d’autres fournissent l’eau qui apporte la vie.

La comparaison est tout à fait juste. Depuis un quart de siècle, Amma a rencontré des gens, tous les jours sans exception. Parfois son darshan dure pendant plus de vingt heures dans une journée. Elle s’est occupée de millions de personnes. Et le nombre ne cesse d’augmenter, à en juger par les queues de plus en plus longues, pendant les programmes où qu’ils aient lieu. Aucun maître n’a jamais été autant accessible, même en Inde, pays qui a été honoré à chaque époque par les plus grands sages.

La vie d’Amma est son seul message. Ni prédicatrice, ni pontifiante, elle est l’incarnation de son enseignement, c’est à dire l’amour inconditionnel et le service désintéressé. En plus des darshan marathons, Amma a mis en place en Inde des projets caritatifs tels que des infrastructures éducatives de tous niveaux offrant une éducation basée sur les valeurs morales, des hôpitaux à faible coût et une aide médicale gratuite, des hospices, des maisons de retraite, des logements gratuits pour les indigents, des aides financières pour les veuves et les victimes des catastrophes naturelles. Ces activités sont la manifestation concrète d’un sentiment qu’Amma exprime souvent : «l’amour et la compassion envers ceux qui sont pauvres et ceux qui souffrent constituent notre devoir envers Dieu».

Le sacrifice d’Amma est profondément émouvant. Les actes parlent bien plus que les mots. En ces temps où l’intellect est roi, Amma crée une brèche dans la sacro-sainte rationalité cérébrale. Elle offre aux gens de toutes conditions sociales les valeurs authentiques du cœur, recréant un équilibre entre les fonctions de la tête et les qualités du cœur.

Amma voyage à travers toute l’Inde et à l’étranger, accueille toutes les personnes qui viennent à elle, les console et répand son message de paix, d’amour, de compassion et de service désintéressé. Elle est la “personnification” de ce que la tradition de l’Inde comporte de plus noble et de plus élevé – l’incarnation même de la véritable dimension de l’Être Humain.

Extrait du site d’Amma.

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