LES MAGNÉTISEURS HORS DU COMMUN

 

Les magnétiseurs hors du commun

Les prodiges de Jésus-Christ, Raspoutine le guérisseur débauché, les miracles de Padré Pio, le magnétisme de groupe d’Alalouf, Djuna la magnétiseuse de Brejnev

D’après mes recherches, la France doit compter plusieurs milliers de magnétiseurs, déclarés ou non. Tous pratiquent leur art dans le but de soigner les malades, à l’aide, en général, de ‘passes magnétiques’ …..dont on trouve trace même chez Edgar Poe.

En effet, dans une de ses Histoires Extraordinaires, traduites par Charles Beaudelaire, et intitulée ‘Révélation magnétique’, Edgar Poe écrit précisément :  ‘ j’avais depuis longtemps l’habitude de magnétiser Mr Vankirk et la susceptibilité vive, l’exaltation du sens magnétique, s’étaient déjà manifestées. Mr Vankirk avait beaucoup souffert d’une phtisie avancée, dont les effets les plus cruels avaient été diminués par mes passes’ La phtisie, certes, mais aussi les zonas, les brûlures, les eczémas, les maladies psychosomatiques, les migraines …… de nombreux troubles de l’être humain sont ainsi soignés par le magnétisme. Sans pour cela faire passer les magnétiseurs pour des extraterrestres aux pouvoirs surnaturel !

Cependant, quelques-uns ont traversé l’histoire des hommes, laissant une empreinte tellement profonde, que leur réputation a pris la dimension d’un mythe. C’est le cas de Jésus-Christ, Raspoutine, Le Padré Pio, Serge Alalouf et Djuna.

Les prodiges de Jésus- Christ

Pour beaucoup de gens croyants ou non, le plus grand guérisseur que le monde est connu fut sans conteste Jésus Christ. En raison de tous les ‘miracles’ qu’il a réalisés au cours de sa vie.

(Il faut noter que les hommes, dès qu’ils sont étonnés par ce qu échappe à leur quotidien, crient immédiatement au miracle ….réflexe logique puisque ce mot vient du latin « mirare » : s’étonner ; ainsi de nos jours, le nom des guérisseurs est toujours associé à la formule «  il fait des miracles ».)

S’il n’est pas possible d’étudier ici les guérisons de Jésus- Christ, car elle furent très nombreuses, il est quand même intéressant de citer un passage de l’Evangile du jour de l’Ascension, passage dans lequel Jésus-Christ dit à ses disciples : « Celui qui croira sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné….Voici les prodiges qui accompagneront ceux qui auront cru : ils chasseront les démons en mon nom ; ils parleront de nouvelles langues ; ils manieront les serpents et s’ils boivent quelque poison mortel, ils n’en éprouveront aucun mal ; ils imposeront les mains sur les malades et les malades seront guéris. » Par cette formule, Jésus – Christ définit donc ses pouvoirs et affirme à ceux qui ont la foi qu’ils pourront bénéficier des mêmes pouvoirs dont, entre autres, celui de guérir par magnétisme, au moyen de l’imposition des mains.

Cette phrase rapportée par l’Evangile prend une résonance encore plus grande quand on saura que la majorité des magnétiseurs que j’ai étudiés disent que leur magnétisme est un don de Dieu.

Croyance sincère en la puissance divine ou façon astucieuse de donner une explication irrationnelle de leur pouvoir ?

Raspoutine : le guérisseur débauché

Dix- huit siècles plus tard, un autre homme va défrayer la chronique, mais pour des raisons différentes.

Raspoutine (1872-1916), de son vrai nom Grigori Novykh, fut en effet le guérisseur le plus réputé de toute la Russie, réputation acquise en 1905 lorsqu’il guérit le tsarévitch Alexis qui souffrait d’une douloureuse crise d’hémophilie.

Raspoutine, le moujik sibérien, possédait-il vraiment le don de guérir ? Difficile à apprécier aujourd’hui car aucun document sérieux n’a été rédigé à l’époque. Que sait-on réellement de cette guérison du jeune Alexis ? Peu de chose, sinon que Raspoutine faisait asseoir l’enfant devant lui et lui récitait une prière dont personne ne comprenait le texte. Supercherie ou formule magique ? Toujours est-il que Raspoutine réussit à arrêter l’écoulement de sang provoqué par une blessure que l’enfant contactera lors d’une chute.

Dès lors, l’impératrice, bouleversée, exigea la présence permanente du moine guérisseur à la cour du tsar Nicolas II.

Aussitôt après, Raspoutine affirma guérir tous ceux qui étaient en contact physique avec lui.

En réalité, Raspoutine dépassa le strict rôle de magnétiseur et de ses impositions de mains, pour, très vite, pratiquer des attouchements physiques et sexuels sur ses malades. D’où son surnom de Raspoutine qui signifie « le débauché ».

Cependant, si on fait abstraction de son côté paillard, il est fort probable que Raspoutine possédait de réelles qualités de magnétiseur et d’hypnotiseur, qualités qu’il utilisa surtout pour satisfaire son propre plaisir….sous prétexte de soigner ses patients (qui étaient en très grande majorité….des patientes !)

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Il est curieux de noter que Raspoutine fut introduit à la cour de Nicolas II pour combattre l’influence d’un guérisseur français appelé par le tsar en 1901.Ce thaumaturge français, Maître Philippe (de son vrai nom Philippe Vachot ), était un ancien commis boucher qui fut initié aux secrets du guérissage par une sorcière de Lyon !

Raspoutine écarta rapidement son rival, qui revint alors en France, et pu ainsi exercer son influence sans limites sur le couple impérial….avant de finir sa vie dans les eaux glacées de la Néva, après avoir absorbé du vin et des gâteaux au cyanure et avoir reçu plusieurs balles dans le corps.

Les miracles de Padre Pio

Quelques années plus tard, un religieux (sincère, lui) le Padre Pio, né en 1887 et mort en 1968 étonna le monde scientifique par son don d’ubiquité qui lui permettait d’apparaître en même temps en deux endroits différents, par les stigmates du Christ qu’il portait sur son corps et par le très grand nombre de guérisons qu’il obtenait sur ses fidèles, en utilisant prières et bénédiction de ses mains.

C’est d’ailleurs cette dernière pratique qui lui valut le qualificatif de magnétiseur, bien que le Padre Pio ne pratiqua aucune des techniques utilisées habituellement par les magnétiseurs professionnels.

Car Francesco Forgione, ordonné prêtre en mai 1910, à l’âge de 23 ans, ne remplissait aucune fonction officielle de guérisseur.

Pourtant, tout au long de sa vie, il a soulagé ou guéri des milliers de personnes. Sans technique particulière – parfois par la pensée, parfois en touchant de ses mains le malade, parfois par la prière….

Dans son livre « Le vrai visage du Padre Pio » ( Fayard), Maria Winowska cite le cas d’un couple dont l’un des enfants souffrait d’une malformation cardiaque et de maladie bleue.

«  Par peur de son mari Mme M.. ne pratiquait pas, mais elle gardait, au fond de son âme, un reste de foi. Elle proposa donc à son mari d’aller, comme dernier recours, chez Padre Pio.

Eclat de colère. Puis réflexion faite : «  Après tout, c’est peut-être un magicien ou un bon rebouteux. »

Ils profitent donc des congés payés et s’embarquent dans une «  vieille bagnole »prêtée à cet effet : Père, mère, grand-mère, enfant et chien. Car, me dit plus tard la maman, « on ne savait pas où le laisser ».

En cours de route, l’enfant s’est trouvé mal à plusieurs reprises. Pendant la traversée des Alpes, sur une crête, il eut une hémorragie cardiaque qui a failli l’emporter. ‘Il y avait sur la route tant de caillots de sang, m’a dit Mme M….que la voiture dérapa’

On arrive enfin à San Giovanni Rotondo. Le garçon, plus mort que vif, a le droit de pénétrer avec son père à la sacristie où Padre Pio ne reçoit « que les hommes ».Il y a foule, Padré Pio repère tout de suite les nouveaux arrivés. Il s’approche et, de son air « bourru », il dit à l’enfant : ‘Toi, tu es aussi malade que moi ! De sa main gantée il lui donne un coup en plein cœur .Puis : « Et maintenant, allez-vous ! Via, Via ! »

Le père est outré, ‘ Si vous saviez ce qu’il m’a engueulée en sortant de l’église !’ soupire Mme M…. ! C’est ta faute ! Nous sommes venus pour rien.

Aussitôt, ils reprennent le chemin du retour. L’enfant est au plus mal. Le père jure et tempête.

Arrivé chez lui, Bernard (c’est le nom du garçon) monte au troisième étage quatre à quatre.

Lui qui n’avait jamais faim, dévore. Dès le lendemain les médecins, stupéfaits, le déclarent guéri. Point de trace de la ‘maladie bleue. Et le cœur a grossi

Tout cela m’a été conté, minutieusement par la brave Mme M ….( avec certificats médicaux à l’appui).

Je me permis de la questionner :

  • Et votre mari ?

  • Il a tout retourné. Il a même fait ses Pâques !

  • Vous êtes donc contents ?

  • Je comprends qu’on est contents ! depuis trois mois, le petit a augmenté de six kilos. Il n’y a qu’une seule complication. Il lui faut deux biftecks par jour !

Le magnétisme du groupe D’Alalouf

Serge Léon Alalouf, mort de façon tragique à Toulouse en 1982 (il fut écrasé par une voiture) est considéré comme le plus grand magnétiseur français de tous les temps.

On estime qu’il a traité plus de 4 millions de malades en 40 ans de travail, ce qui fait une moyenne de …..300 par jour !

L’explication de ce rythme infernal est simple : Alalouf soignait à l’aide d’une thérapie de groupe ( 10, 20, 30 personnes étaient reçues en même temps dans son cabinet….mais aussi dans des autocars stationnant devant sa maison. Dans ce dernier cas, Serge Alalouf montait dans le véhicule, imposait ses mains sur chacun des patients assis sur leur siège et redescendait rapidement pour retourner à son cabinet devant lequel s’étirait une longue file d attente).

Parmi ces milliers de patients se trouvaient d’importantes personnalités. Comme Edouard Herriot, par exemple.

Serge Alalouf, dans son livre ‘ Des mains qui guérissent’ (Robert Laffont), rappelle sa rencontre avec l’homme politique.‘ Edouard Herriot, lequel était sujet à des crises de rhumatisme qui le faisaient beaucoup souffrir et qui l’empêchaient de marcher normalement, accepta de me recevoir et se déclara fort satisfait de mes interventions.

Cet homme courtois qui était un des chefs du parti radical-socialiste était loin d’être aussi sceptique qu’on l’imaginait généralement et il ne rejetait pas systématiquement, au nom d’une prétendue science, ce qu’il ne pouvait pas exprimer. Il constatait que j’avais un fluide bénéfique puisqu’il le soulageait et il trouvait cela extraordinaire.

– Il y a tellement de chose que nous ne pouvons pas expliquer, remarqua-t-il, et qui n’en existent pas moins !’

Serge Alalouf, surnommé ‘ l’homme radioactif’, a reconnu avoir guéri près de 400 000 malades sur 4 millions qui ont été exposés au magnétisme de ses mains. Cela représente donc un taux de réussite de l’ordre de 10%. Parmi ceux-ci, et en dehors d’Edouard Herriot, figurèrent Alphonse XIII, Gandhi, Jean Anouilh…

Jésus- Christ, Raspoutine, le Padre Pio, Serge Alalouf : Tous ont disparu. Qui possède donc aujourd’hui le titre (officieux mais très envié) de meilleur magnétiseur du monde ?

Une femme : Djuna.

Djuna : la magnétiseuse de l’Est

Sous ce prénom se cache une troublante et séduisante femme d’une quarantaine d’années.

Son nom ? Davistashvili. Originaire de Tbilissi, en Arménie Soviétique, guérisseuse officielle du régime communiste, Djuna passe pour avoir soigné les plus grands dignitaires de l’Etat Soviétique.

Ainsi on rapporte qu’elle a prolongé de plusieurs années la vie de Léonid Brejnev. Ce qui est certain, c’est que Djuna participe à de nombreuses expériences en laboratoire avec des parapsychologues soviétiques – tests de magnétisme à distance, parfois sur plusieurs milliers de kilomètres ; longues séances d’enregistrement d’encéphalogrammes et d’électrocardiogrammes pour mesurer les modifications ressenties lors d’une action de magnétisme, etc.

En reconnaissance de ses facultés parapsychiques, elle figure parmi les membres de la Nomenklatura, cette ‘ caste’ de privilégiés régnant sur l’URSS.

Aujourd’hui Djuna, nommée ‘ docteur honoris causa’ par l’Académie des Sciences, est devenue millionnaire et demande plus de 1000francs par séance de magnétisme…. Dans un pays où la médecine officielle est gratuite !

Extrait du magnétisme de jacques Mandorla édition Jacques Grancher

http://www.alexia-conseil.fr

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